Retour sur les Bilans Galacsy

Des résultats économiques solides en 2025 et de nouveaux défis sanitaires à relever

Organisées du 31 mars au 7 avril 2026, les 7 journées ont réuni près de 100 participants issus de 77 exploitations. Un temps fort qui témoigne de l’intérêt des éleveurs pour les enjeux actuels de la filière laitière, autour de deux thématiques complémentaires : l’analyse des performances technico-économiques et la sécurisation de la santé des troupeaux.

Les matinées étaient consacrées au bilan des ateliers bovins lait, avec une lecture approfondie des résultats Galacsy 2025. Ces temps d’échanges ont permis de prendre du recul sur les performances des exploitations et d’identifier des leviers d’amélioration concrets. Les après-midis ont, quant à eux, porté sur la santé des troupeaux, en mettant l’accent sur les impacts économiques des problèmes sanitaires et les pratiques de prévention à renforcer, notamment autour des périodes clés que sont le tarissement et le démarrage des veaux.

Une année 2025 économiquement très favorable

Le bilan Galacsy 2025 confirme une tendance globalement positive pour les exploitations laitières. Portée par un prix du lait élevé et une excellente valorisation des animaux, l’année se distingue par un niveau de produit record atteignant 619 €/1000 L.

 

 

Cette dynamique s’accompagne également d’une progression des volumes : la production moyenne par vache atteint 8 629 kg de lait grâce a des fourrages de qualité, notamment l’ensilage d’herbe et les maïs récoltés en 2025.

Des charges toujours élevées, sous pression alimentaire

Le point de vigilance majeur reste le niveau des charges, en particulier alimentaires. Le recours accru aux concentrés se traduit par 102 €/1000 L de charges concentrés VL.

Au total, les charges opérationnelles atteignent 228 €/1000 L, en hausse sur 5 ans. Malgré cela, la marge brute progresse nettement pour atteindre 392 €/1000 L, soit environ 3 162 € par vache.

Le coût de production, quant à lui, se stabilise à un niveau élevé (environ 586 €/1000 L), rappelant une forte dépendance au prix du lait pour maintenir la rentabilité.

Un équilibre économique à consolider

Si 2025 apparaît comme une excellente année, elle souligne aussi la sensibilité des systèmes aux fluctuations des marchés (lait et viande), à la variabilité des prix des intrants et à la variabilité climatique.

Dans ce contexte, plusieurs leviers ont été rappelés :

  • sécuriser la trésorerie,
  • investir de manière ciblée (bâtiment, stockage, confort animal),
  • anticiper fiscalement les bonnes années.

L’objectif : transformer une bonne conjoncture en résilience durable.

L’après-midi : la santé du troupeau, un enjeu stratégique

La formation de l’après-midi est venue compléter ce diagnostic économique en mettant en lumière un constat clair : la santé du troupeau est aujourd’hui un facteur clé de performance… et de risque.

L’année 2025 marque un tournant sanitaire avec l’installation durable de maladies vectorielles (FCO, DNC…), parfois très impactantes. À cela s’ajoute un changement majeur à venir en 2026 : la gestion de certaines maladies reposera davantage sur les éleveurs eux-mêmes.

L’un des messages forts de la formation concerne le coût réel des problèmes sanitaires, souvent sous-estimé, un veau perdu représente plusieurs centaines d’euros de manque à gagner, une pathologie néonatale peut coûter jusqu’à 400 €, les maladies chroniques (mammites, boiteries) génèrent des pertes continues…

Mais au-delà des coûts directs, c’est toute la carrière de l’animal qui est impactée. Une mauvaise santé en début de vie réduit significativement la productivité, la longévité et donc la rentabilité.

La formation a insisté sur un point clé : une vache devient réellement rentable après 2 à 2,5 lactations. Or, une part importante des animaux quitte le troupeau avant ce seuil. Améliorer la longévité passe principalement par une meilleure gestion du veau (colostrum, hygiène), la maîtrise des transitions (tarissement, début de lactation), et un environnement adapté (bâtiment, ventilation, pâturage). Chaque mois gagné, chaque maladie évitée contribue directement à améliorer la performance économique globale.

En conclusion

Cette journée met en évidence un message central :

les bons résultats économiques de 2025 ne doivent pas masquer les fragilités structurelles des systèmes.

Entre pression sur les produits et les charges et montée des risques sanitaires, les performances futures reposeront sur un équilibre fin entre maîtrise technique, gestion économique, et anticipation sanitaire. Plus que jamais, la santé du troupeau apparaît comme un investissement stratégique pour la rentabilité et la durabilité des exploitations.

Lisa DELESSE et Lorine DAYRE, Alysé