Les Brèves Ovines

Photo sem 38 2018Peser les agnelles de renouvellement pour une meilleure fertilité

Elever les agnelles de renouvellement, c’est avant tout les préparer à leur carrière de futures productrices d’agneaux et de lait. La pesée est alors un bon indicateur de tri puis de bonne conduite. Le poids des agnelles à la première mise à la reproduction reste l’un des principaux facteurs de variation de la fertilité. L’objectif des deux tiers du poids adulte, soit 47 kg pour les races lourdes, reste la référence. Pour les agnelles n’atteignant pas ce poids plancher, le taux de fertilité est en effet inférieur de 33 %.  Pour une exploitation de 420 brebis en agnelage de printemps, l’impact sur le revenu annuel est alors de 2 730 € (source : Inosys Réseau d’élevage).

Une pesée au sevrage

 Le poids à la mise en lutte est directement lié à celui du sevrage : les agnelles de faible poids au sevrage ne rattrapent jamais leur retard. En effet, au cours de la phase d’élevage, c’est à dire jusqu’à la mise à la reproduction, les agnelles légères et lourdes affichent des croissances similaires. Ce tri au sevrage est donc un des principaux leviers à mettre en œuvre pour garantir un niveau de productivité correct des agnelles à la première mise à la reproduction. Puis, une pesée de contrôle est réalisée lors d’une intervention : tonte, traitement… Il s’agit alors d’un indicateur de bonne conduite. Seules les agnelles les plus petites sont pesées puis commercialisées avec les agneaux de boucherie, si elles n’atteignent pas le poids minimum. Pour en savoir plus, vous pouvez écouter « radio ovin : Le tri et la conduite alimentaire des agnelles de renouvellement » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr

Photo semaine 38-18 : les agnelles de faible poids ne rattrapent pas leur retard

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

 

 

Phytothérapie : ne pas jouer aux apprentis sorciers

« En matiPhoto sem 37 2018ère de médecines complémentaires, il y a des choses possibles mais aussi beaucoup de choses à ne pas faire ! »  assure Cécile Peudpièce, vétérinaire à la Chambre régionale des Pays de la Loire. Car les principes actifs contenus dans les plantes sont très nombreux : de l’ordre du millier dans une plante et de la centaine dans une huile essentielle. C’est un véritable cocktail ! Différentes parties de la plante sont utilisées : feuilles, tige, sommités fleuries, racine, tubercule, écorce. Les préparations se présentent sous différentes formes : des plantes fraiches ou simplement sèches, des plantes extraites par l’eau, par l’huile, l’alcool ou bien par distillation.

Complémentaire de la médecine plus classique

Il faut être vigilant sur la qualité des produits employés pour ne pas avoir de contaminants potentiellement dangereux. Les compositions sont souvent secrètes et l’éleveur doit se conformer aux recommandations du fabricant, si elles sont assez précises.  Avant de les utiliser, il faut se former et se faire accompagner si possible par son vétérinaire. « Car même si on a encore plus de questions que de réponses en la matière, c’est un nouveau champ qui s’ouvre et en cours d’évolution » ajoute Céline qui interviendra lors des rencontres du CIIRPO du 20 septembre à Saint Priest Ligoure (87). Vous pourrez lui poser toutes vos questions. L’entrée est gratuite et merci de vous inscrire pour le repas.

Contact : Sandrine Fougère 05 55 00 63 72 ou Laurence Sagot laurence.sagot@idele.fr

Photo semaine 37-18 : la phytothérapie permet de maintenir la santé au quotidien grâce aux plantes

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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HaPhoto semaine 32-18emonchose, le parasite de l’été des ovins

 

Parmi les nombreux strongles intestinaux, l’haemonchose est parmi les plus sournois. L’évolution de la maladie est en effet très rapide après l’infestation. Son cycle est de l’ordre de 15 jours en conditions favorables (chaleur et humidité), d’où une multiplication très rapide du parasite, et les symptômes peuvent facilement se confondre avec ceux d’une autre maladie, une entérotoxémie par exemple. Les animaux perdent l’appétit et s’anémient très rapidement. La mort est rapide et le taux de mortalité peut être élevé. Une association entre le surpâturage et des conditions climatiques favorables participe à une augmentation de l’infestation. Le risque est maximal de 10 à 15 jours après un violent orage, et principalement entre les mois de juin et de septembre. Les jeunes animaux (agneaux de moins de 6 mois, ….) et les adultes en mauvais état corporel sont les plus vulnérables.

Des antiparasitaires efficaces

Même si des traitements curatifs d’urgence peuvent être mis en place en cas d’haemonchose déclarée afin de limiter la mortalité, c’est une pathologie qu’il faut prévenir.  Le mal est en effet déjà fait lorsqu’on identifie la maladie à partir des symptômes. Sauf si les animaux rentrent et restent en bâtiment à l’issue du traitement, il vaut mieux utiliser des strongicides à action rémanente. Les produits anti parasitaires à base d’Ivermectine, Moxidectine et de Closantel sont utilisés chez les ovins. Rappelons qu’il est indispensable d’alterner les familles de matières actives afin de limiter les problèmes de résistance, de respecter la posologie (en particulier en ne sous estimant pas le poids des animaux, et pour les caprins en adoptant quand cela est connu des posologies spécifiques) et de noter toutes les informations dans le cahier sanitaire. Pour plus d’information, contacter votre vétérinaire ou votre technicien.

Photo semaine 32-18 : le risque d’haemonchose est maximal 10 à 15 jours après un orage

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Traitement contre les strongles : flash, rémanent ou longue action ?

Photo sem 27 2018

Parmi les spécialités disponibles sur le marché en matière de produits antiparasitaires contre les strongles gastro intestinaux, on peut distinguer trois catégories : les traitements à effet flash, les traitements rémanents ou bien les traitements longues actions. Philippe Jacquiet, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse nous explique leur mode d’action.

« Un traitement flash permet d’éliminer les parasites présents chez un animal au moment du traitement. Dans ce cas, il n’y a aucune rémanence du produit et les animaux peuvent se recontaminer au bout de 12 ou 24 h post-traitement s’ils sont en pâture. A titre d’exemples, on peut citer le praziquantel, le fenbendazole mais aussi l’ivermectine orale pour laquelle la rémanence est très courte – deux ou trois jours maximum, donc on peut considérer cela comme un traitement flash. Ces traitements sont bien adaptés à l’entrée en bergerie car on sait que les animaux ne se recontamineront pas ».
Un traitement rémanent si les animaux restent à l’herbe

Un traitement rémanent permet d’avoir une action curative et de protéger pendant un délai généralement de quelques semaines contre les réinfestations au pâturage. Philippe Jacquiet précise : « Attention, cette rémanence dépend de la molécule utilisée, de son mode d’administration, du parasite cible (une rémanence peut varier selon l’espèce parasitaire en cause…) et aussi et surtout selon l’état corporel de l’animal traité : on sait que les rémanences sont plus faibles chez les animaux maigres et très parasités. Par exemple, la moxidectine orale a une rémanence évaluée à 5 semaines vis à vis de Teladorsagia circumcincta et d’Haemonchus contortus, un peu plus courte (deux à trois semaines) vis à vis de Trichostrongylus colubriformis. A noter que cette évaluation a été faite en conditions de laboratoire avec des animaux bien nourris. Ces traitements sont bien indiqués quand on doit traiter les animaux, et qu’ils vont continuer à évoluer sur une parcelle très contaminée.
Enfin, les traitements « longue action » (ex moxidectine injectable longue action) sont destinés à bloquer les cycles parasitaires, en empêchant le recyclage des larves infestantes sur les pâtures pendant plusieurs mois. Ils sont au cœur d’un débat actuellement car en les utilisant, un éleveur exerce une pression de sélection de longue durée sur les populations de strongles, et cela pourrait favoriser l’apparition et la diffusion des résistances.

Photo semaine 27-18 : les traitements longue action bloquent les cycles des parasites

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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Le pâturage cellulaire et le parasitisme

Photo sem 25 2018L’étude sur le pâturage en mini parcelles se poursuit au CIIRPO (Centre Inter régional d’Information et de Recherche en Production Ovine) sur le site du Mourier (87). Depuis septembre 2016, les parasites de brebis conduites selon deux modes de pâturage, tournant « classique » et cellulaire (appelé encore dynamique) sont observés à la loupe. Philippe Jacquiet, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Toulouse, explique que « les résultats obtenus lors de la première année d’observation indiquent que les brebis menées en pâturage cellulaire présentent des intensités d’excrétion d’œufs de strongles gastro-intestinaux massives à certains moments de l’année. De plus, à certains moments du suivi, l’intensité du parasitisme interne a été plus importante en pâturage cellulaire qu’en pâturage tournant. »

 

Des résultats qui se confirment

Les deux séries de mesures réalisées en 2018 indiquent les mêmes tendances. Lors du dernier prélèvement, le 28 mai dernier, l’excrétion s’établit à 434 œufs de strongles gastro intestinaux (opg) en moyenne sur les 41 brebis prélevées en pâturage tournant. Les matières fécales des 43 brebis prélevées en pâturage cellulaire contenaient 612 opg. « Ceci signifie qu’il faut rester vigilant et que le pâturage cellulaire n’est pas un gage à lui seul d’un contrôle effectif du parasitisme interne au cours d’une saison de pâture, conclut le vétérinaire ».

Les résultats de la première campagne d’étude sont disponibles sur www.inn-Ovin.fr et www.idele.fr : « Pâturage cellulaire et parasitisme en production ovine : les enseignements d’une première campagne de suivi ».

Photo semaine 25-18 : les crottes de plus de 80 brebis, toujours les mêmes, sont analysées tout au long de l’année

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La compléPhoto sem 23 2018mentation minérale des brebis en résumé

 La complémentation minérale d’un troupeau sur l’année est complexe. Toutefois, quelques grandes règles de base sont à respecter. Dans ce domaine, les excès sont souvent plus néfastes que les carences. Apporter des minéraux toute l’année est très coûteux, et peut être préjudiciable pour la santé des animaux dans le cas d’une conduite au pâturage. En effet, l’excès d’un élément est alors à craindre, ce dernier bloquant l’assimilation d’un autre. Des cures de minéraux aux moments stratégiques suffisent : un mois avant la mise à la reproduction et un mois avant l’agnelage.

Jamais de cuivre ajouté

Au cours des autres stades physiologiques, des cures d’un mois maximum alternées avec un ou deux mois sans apport sont également possibles : pierre ou seau enrichi en zinc pour les boiteries par exemple.

D’autre part, un aliment pour ovins ne doit jamais contenir de cuivre ajouté, sauf diagnostic de carence. Il est important de vérifier que cet oligo élément ne figure pas dans la liste des additifs sous peine de grave intoxication. Enfin, l’apport d’engrais enrichis d’un élément (sélénium par exemple) sur les prairies est moins efficace que l’apport direct à l’animal car la plante l’absorbe plus ou moins bien.

Pour en savoir plus : « la lettre technique des éleveurs ovins n°24 : complémentation minérale, simplicité et modération » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Photo semaine 23-20 : en matière de minéraux, les excès sont souvent plus préjudiciables que les carences

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Radio ovin : un nouveau moyen d’information

Photo sem 18 2018Depuis la fin de l’année 2017, huit enregistrements audiovisuels (appelés également podcasts) sont disponibles sur internet. D’une durée de 5 à 10 minutes, ils traitent d’une thématique sous la forme d’interview d’un spécialiste de l’alimentation ou de la santé. Parmi les thèmes diffusés, vous trouverez des conseils pour semer du méteil en grain et en évaluer la valeur alimentaire à la récolte. Les rations possibles pour les agneaux de bergerie accompagnées de leurs conseils d’utilisation et de leur coût sont également traitées. Les poids minimums à respecter du sevrage à la mise à la reproduction pour garantir des agnelles de renouvellement fertiles sont également disponibles dans un troisième enregistrement audio.

La santé en avant

Le parasitisme interne est abordé au travers de cinq podcasts. Ainsi, vous y trouverez les éléments clés pour interpréter une analyse coproscopique. D’autre part, les signes cliniques et les traitements possibles du ténia mais aussi de la grande et de la petite Douves sont explicités. Enfin, les solutions pour limiter les résistances antiparasitaires et les évaluer sont listées. Vous retrouverez l’ensemble de ces enregistrements dans la rubrique « radio ovin » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Image semaine 22-20 : huit enregistrements audios pour s’informer sur un thème technique

 Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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semaine 20-18Un risque d’entérotoxémie accru avec du ténia

Les premiers signes cliniques du ténia sont bien connus : les agneaux présentent un mauvais état général avec un déficit de croissance. Des troubles digestifs, un amaigrissement et une laine sèche et cassante sont des signes possibles. Les agneaux manquent de vigueur, avec une anémie possible. Ce qui est moins connu, c’est le risque d’entérotoxémie qui est considérablement accru. Et en ce milieu de printemps, les infestations de ténia sont particulièrement virigulentes dans certaines régions.

Un traitement spécifique efficace

Le laboratoire de l’Alliance Pastorale témoigne : « depuis 3 semaines, les autopsies d’agneaux révèlent de fortes infestations en ténia, y compris sur des agneaux âgés d’un mois et demi ».   Le traitement se fait par administration d’un médicament spécifique du ténia ou d’un produit polyvalent ténia-strongles à partir de 5 semaines après la sortie à l’herbe ou le début de la consommation effective d’herbe. L’immunité contre le ténia se développe en quelques mois. Ce ne sera donc plus un souci dans la plupart des cas après 6 mois de pâturage.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la vidéo « le ténia du jeune agneau »  et le podcast « radio ovin n°3 » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Photo semaine 18-20 : le ténia se fixe dans l’intestin grêle des agneaux

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Certificat de spécialisation ovin, c’est le moment de vous inscrire !

Vous êtes intéressés par les ovins, vous souhaitez vous diversifier en production ovine : le Certificat de Spécialisation Ovin (CSO) est une formation dans laquelle vous pourrez vous épanouir. En formation pour adulte ou bien par apprentissage, cette formation a été spécialement créée pour former des professionnels de l’élevage ovin prêts pour s’installer, devenir salarié en élevage ou encore technicien dans une structure de développement agricole. A l’issue de ces six à douze mois de formation, selon la voie choisie (stagiaires ou apprentis), vous serez autonomes pour toutes les interventions réalisées sur les ovins. Vous maîtriserez les aspects techniques de toutes les étapes de l’élevage, de la mise en lutte à la commercialisation, et ce dans des conditions d’élevage diverses. Enfin, vous serez capables d’analyser une situation technico-économique et d’identifier les pistes d’amélioration si nécessaire.

Des centres de formation un peu partout en France

Onze centres répartis sur toute la France ouvrent à cette rentrée 2018, un en ovin lait et dix en ovin viande. Si vous êtes intéressés par cette formation, vous pouvez contacter les centres de formation dont la liste est disponible sur www.inn-ovin.fr : « le certificat de spécialisation ovin : une pépinière pour la relève ». Les formateurs répondront à toutes vos questions.

pfd semaine 18-2018 : si vous souhaitez vous spécialiser en ovins, le CSO est la formation qu’il vous faut
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Déclarer les dégâts des petits prédateurs

Les pPhoto semaine 15 2018opulations de renards et blaireaux sont en constante augmentation dans les campagnes. Selon Alain Delpuech de la fédération des chasseurs de la Haute-Vienne, « il y a trois principales raisons : l’interdiction de la chloropicrine dans les années 1990, la présence de terriers plus nombreux après la tempête de 1999 rendant leur suivi plus facile et la disparition de la gale ». En avril et mai, les renardes se mettent à chasser pour nourrir leurs jeunes. Les agneaux âgés de moins d’un mois et les plus fragiles sont des proies faciles. Les pertes peuvent être élevées. « Sans compter le nombre de renards qui ont été piégés et dont le nombre a doublé entre 2011 et 2017, le tableau de chasse fait état de 3950 renards tués en Haute Vienne lors de la campagne 2016/17 contre1860 en 2001/2002, argumente Alain Delpuech. La fréquence d’observation lors des comptages de nuit réalisés par la Fédération des chasseurs a été multipliée par 5 au cours des 15 dernières années ».

Un classement revu tous les 3 ans.

En Haute-Vienne, le renard est classé dans les espèces nuisibles mais le classement des espèces est revu tous les 3 ans. « Nous avons très peu de déclarations, explique le technicien de la fédération de chasse et cela pose problème car un recensement des dégâts est indispensable pour classer les espèces nuisibles. Le renard est ainsi susceptible de sortir de la liste des espèces nuisibles et le seul moyen de régulation resterait la pratique de la chasse. Le piégeage du renard  serait alors interdit. Chaque fois que cela est possible, il est donc très important de faire une déclaration à votre Fédération Départementale des Chasseurs ».

 Photo semaine 15-2018 : la population de renards augmente d’années et années

 Les activités du  CIIRPO sont financées par l’Union Européenne  et les conseils régionaux Nouvelle Aquitaine et Centre Val de Loire.

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Le maïs et le colzPhoto sem 14 2018a ne colorent pas le gras des agneaux

Ce sont surtout les colorations brun-rouge qui altèrent la présentation des carcasses des agneaux, et peuvent entrainer l’exclusion des démarches qualité. Le colza et le maïs ont particulièrement mauvaise réputation. Et pourtant, tous les essais qui comparent des agneaux du même âge finis en bergerie, ou sur des couverts végétaux à base de colza fourrager, ont démontré le contraire. D’autre part, le maïs n’est en aucun cas responsable d’une coloration jaune des gras. Cette dernière résulte d’une accumulation de pigments caroténoïdes (le β carotène) dans les graisses de l’agneau. Et le maïs reste un aliment très peu pourvu en β carotène, à l’inverse de l’herbe pâturée par exemple.

Le sexe et l’âge des agneaux

Par contre, de nombreux facteurs liés directement à l’animal le prédisposent au problème de coloration du gras. Le sexe reste le premier critère. Les mâles sont beaucoup plus sensibles que les femelles. L’âge influence également la couleur du gras. Les agneaux abattus entre 8 et 10 mois présentent des gras plus colorés que les agneaux d’herbe abattus jeunes. La race est un critère pouvant également favoriser l’apparition de défaut de couleur. Certaines races sont beaucoup moins sensibles que d’autres, comme l’Ile de France par exemple. Le mode d’alimentation joue également un rôle : les défauts sont moins fréquents sur des agneaux rationnés en concentré par exemple. Enfin, il est probable que la couleur du gras soit sous la dépendance d’une variabilité individuelle. Cela expliquerait les différences de qualité parfois observées entre deux agneaux de même race, de même sexe et conduits de la même façon.

 Photo semaine 14-2018 : un gras bien blanc
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UnePhoto sem 13 2018 mise à l’herbe des brebis sans soucis

La mise à l’herbe est un changement important au niveau digestif, avec le passage d’une alimentation sèche à une alimentation à base d’herbe, souvent riche en eau et pauvre en lest, mais aussi en magnésium. Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale, explique que « les principaux risques sanitaires liés à ce changement sont les suivants : diarrhées alimentaires, tétanie d’herbage, enterotoxémies et parasitisme ». La prévention de ces risques est tout à fait possible. Une mise à l’herbe progressive, autour des bâtiments quelques heures par jour, est l’une d’entre elles. La distribution de fourrages secs pour assurer un lest digestif, et de concentrés énergétiques facilement digestibles, facilite également la transition. Quelques centaines de grammes par animal pendant une dizaine de jours en diminuant progressivement suffisent. Enfin, il est déconseillé de mettre à l’herbe lors d’une période de fortes intempéries.

La vaccination contre l’entérotoxémie

 « Plus spécifiquement, pour la tétanie d’herbage, la prévention consiste à distribuer un minéral riche en magnésium (minimum 10%) et en oligo-éléments, 1 mois avant et jusqu’à 1 mois après la mise à l’herbe » indique Laurent Saboureau. « Concernant les enterotoxémies, la prévention la plus efficace reste la vaccination. Attention sur les agneaux, qu’ils soient nés de mères vaccinées ou non, deux injections à un mois d’intervalle sont nécessaires avant la mise à l’herbe. Enfin, l’argile en dilution dans les bacs à eau peut être utilisée en prévention des diarrhées. La suspension de lait d’argile qui se forme est efficace ».

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la vidéo « prévenir les maladies liées à la mise à l’herbe» sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Photo semaine 13-2018 : éviter de mettre à l’herbe lors de fortes intempéries

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Quatre méthodes pour faire adopter un agneau
L’adoptiPhoto sem 12 2018on n’est pas toujours couronnée de succès mais certaines méthodes offrent plus de réussite que d’autres. Frotter l’agneau à adopter avec le placenta de la brebis qui vient de mettre bas en est une. Hubert Germain, vétérinaire et formateur explique « qu’il est possible de simuler un nouvel agnelage afin de déclencher l’ocytocine par la compression des sciatiques. Quatre doigts sont introduits dans le vagin, le pouce à l’extérieur. Un message est alors réalisé en appuyant bien sur le plancher du bassin. Cette technique est à essayer lorsque l’agnelage est récent ». La case d’adoption est une autre solution. La brebis est alors attachée au cornadis en permanence.  L’alimentation et l’abreuvement sont réalisés par devant. La mère ne peut pas voir ni sentir l’agneau à adopter et l’éleveur se poste dans la case plusieurs fois par jour pour le faire téter. Pour vérifier si l’adoption a réussi, elle est détachée du cornadis et observée de près pendant quelque temps.

Une corde à l’attache de la queue

Il est également possible d’attacher la brebis dans sa case d’agnelage à l’encolure en continue afin qu’elle ne fasse pas de mal à l’agneau à adopter. Pour faire téter l’agneau, un jarret est mis en suspension sur la barrière pour libérer la mamelle. La présence de l’éleveur est indispensable afin d’éviter les risques d’étouffement et de préserver le bien être de la brebis. Enfin, une autre méthode consiste à utiliser un masque et une corde. L’objectif est de bloquer l’articulation des pattes arrière pour empêcher la brebis de taper l’agneau. Pour ce faire, la corde est passée autour de la brebis, juste devant la mamelle et sur la pointe des hanches. Un nœud qui se défait très rapidement est ensuite réalisé car la corde est enlevée aussitôt que l’agneau a tété. La corde est ensuite ramenée au niveau de l’attache de la queue. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la fiche technique « Une méthode d’adoption avec un masque et une corde » et la vidéo « une méthode d’adoption en élevage ovin » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

 Photo semaine 12-2018 : en case d’adoption, la brebis ne peut pas sentir l’agneau qui tête

 Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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La synchronisation des chaleurs au printemps

Photo semaine 9-2018Mise au point au début des années 1970, la synchronisation des chaleurs consiste à reconstituer le cycle sexuel de la brebis, par l’intermédiaire d’un traitement hormonal en deux étapes : une éponge vaginale suivie d’une injection de PMSG à son retrait. L’éponge libère le progestagène et bloque le cycle de la brebis pendant 14 jours. La femelle peut être indifféremment au repos sexuel ou bien déjà cyclée. La PMSG libère les deux hormones responsables de l’ovulation. La brebis peut alors être soit inséminée 55 heures après l’injection, soit luttée 48 heures après.

Cette méthode présente l’avantage d’être applicable à toutes les races de brebis ainsi qu’aux adultes comme aux agnelles.  Les mises-bas sont groupées sur 10 jours. Le coût de la synchronisation (éponge + PMGS) est d’environ 5 € par brebis.  Un taux de fertilité supérieur à 70 % est considéré comme très correct.

Photo semaine 9-2018 : avec cette méthode, la majorité des brebis met bas en 3 ou 4 jours CP : CIIRPO

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

 

 

 

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SPhoto sem 08 2018heepNet, un réseau européen pour améliorer la productivité ovine

SheepNet est un réseau sur la productivité ovine financé par l’Union Européenne, qui implique les 6 principaux pays producteurs ovins de l’Union Européenne (Irlande, France, Royaume-Uni, Roumanie, Espagne et Italie) et la Turquie. La productivité ovine (nombre d’agneaux élevés par brebis mise à la lutte) est une combinaison du succès de la reproduction, de la gestation et de la survie de l’agneau. C’est un des critères clés de la performance économique des élevages ovins. SheepNet est conçu pour stimuler l’échange de connaissances entre la recherche et les acteurs ovins (éleveurs, techniciens, vétérinaires,…) afin de diffuser largement les meilleures pratiques et les innovations, dans le but d’augmenter la productivité ovine. Le site web SheepNet (www.sheepnet.network) permet d’accéder aux solutions proposées et sera mis à jour régulièrement. Vous avez aussi des trucs et astuces et des bonnes pratiques intéressantes à partager dans le cadre de SheepNet ? N’hésitez pas à le faire sur site web SheepNet. SheepNet c’est aussi des rencontres nationales et internationales orientées sur l’échange de connaissances techniques, pratiques et scientifiques. Vous souhaitez y participer ? Enregistrez-vous sur le site web SheepNet. Les prochaines rencontres sont en avril dans le Lot et en juin en Espagne. Ce réseau européen n’a d’intérêt que par une participation large des acteurs ovins. On attend plus que vous !

Photo semaine 8-2018 : diffuser les meilleures pratiques et les innovations reste un des principaux objectifs de SheepNet

CP : Institut de l’Elevage

 Réseau de références ovin de Bourgogne et Jean Marc Gautier (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

 

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Des agneaux plus vigoureux à la naissance avec des brebis bien alimentées

photo sem 06 2018Selon les résultats d’une récente étude¹, les agneaux sont plus débrouillards à la naissance lorsque leurs mères sont bien alimentées lors des six dernières semaines de gestation. Myriam Doucet, vétérinaire à l’Institut de l’Elevage en charge de cette étude, explique que « la proportion d’agneaux qui vont essayer de se lever dans les cinq premières minutes est supérieure de 29 % lorsque les brebis reçoivent une ration suffisante par rapport à des brebis sous alimentées, à raison de 80 % de leurs besoins ». Cet écart se maintient deux heures après la naissance : 90 % des agneaux dont la mère a été alimentée correctement ont têté tout seul. Dans notre étude, cette proportion passe à 62 % avec des brebis sous alimentées.

6 % de mortalité en moins

De plus, pour 19% des nouveaux nés issus de brebis mal nourries, au moins deux aides à la tétée, au biberon ou au pis, ont été nécessaires afin de leur garantir la bonne dose de colostrum pour les réchauffer et les immuniser. « En conséquence, le temps passé à l’agnelage est plus important, et c’est sans compter les 9% d’agnelages difficiles en plus sur lesquels il y a nécessité d’intervenir. Au final, le taux de mortalité des agneaux est majoré de 6 % au sevrage avec des brebis mal alimentées ». Les résultats de cette première étude doivent être confirmés avec d’autres types génétiques dans les années qui viennent.

Étude financée par FranceAgriMer et réalisée en 2017 avec des brebis de race Romane portant deux agneaux (Fédatest/ Institut de l’Elevage/CIIRPO).

Image semaine 6-2018 : avec des brebis bien nourries, 90 % des agneaux ont tété le colostrum tout seul

 Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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www.inn-ovin.fr : le site WEB de la production ovine

photo sem 5 2018Le site Internet, entièrement dédié à la production ovine, a fait peau neuve en 2017. Vous y accéderez en tapant www.inn-ovin.fr. Le site Inn’Ovin a été conçu pour les éleveurs, les techniciens et également les enseignants et les élèves intéressés par les ovins. Christelle Bonnet, d’Interbev Ovins et en charge du site, indique « que 200 connections sont enregistrées chaque jour en moyenne. Tout ce qui concerne le travail est particulièrement consulté ».

 

Une mine d’informations

Toutes les nouveautés en matière de production ovine, viande et lait, y sont archivées par thématiques : travail, alimentation, sanitaire… Plusieurs centaines de documents sous forme de fiches, de vidéos et même de podcasts ou de diaporamas sont à votre disposition, en version imprimable si vous le souhaitez. Le site www.inn-ovin.fr, c’est aussi un agenda avec les manifestations dans vos différentes régions. Une photothèque est également disponible. D’autre part, toutes les informations relatives aux  Ovinpiades y figurent avec entre autres les podiums régionaux et les gagnants au Salon de l’Agriculture à Paris. Enfin, une page spéciale est consacrée à la formation et aux éléments nécessaires à la construction d’un projet.

Image semaine 5-2018 : le site enregistre 200 connections par jour

Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/ CIIRPO

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Le repos hivernal des prairies n’est pas une obligation
photo sem 04 2018En février, les brebis peuvent continuer à pâturer les prairies sans nuire à la production future. C’est le cas par exemple des prairies semées en fin d’été, si les conditions climatiques le permettent (terrain ressuyé !). Il est alors conseillé d’associer un fort niveau de chargement (100 brebis par hectare) avec un passage assez rapide : de l’ordre de 3 à 4 jours. Avec un mode de pâturage tournant et une hauteur d’herbe de l’ordre de 5 cm à la sortie de la parcelle, l’avenir de la prairie n’est pas compromis.

De l’herbe qui serait perdue

Car, contrairement à ce qui est souvent dit, le pâturage hivernal par les brebis n’abime pas les prairies. Cette pratique n’entraîne pas de baisse de production au printemps si les deux conditions suivantes sont respectées : sortir les animaux de la parcelle avant qu’elle ne soit sur-pâturée et respecter un mois et demi de temps de repousse jusqu’au pâturage suivant. Sur les prairies qui ne bénéficient pas de ce repos hivernal, le retard de la pousse d’herbe au printemps est de l’ordre de 10 jours. En élevage mixte avec des bovins, étant donné la mise à l’herbe plus tardive des animaux, les parcelles des vaches peuvent être pâturées par les brebis jusqu’à la fin février. La qualité de l’herbe au printemps s’en trouve même améliorée.

Photo semaine 4-2018 : le pâturage en hiver n’abime pas les prairies

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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Un manque à gagner de 20 € par agneau trop gras

L’état d’engraissement reste le principal critère de paiement à l’éleveur. Et dans le contexte actuel, les carcasses trop grasses sont invendables ! Elles sont bradées à Rungis alors qu’elles auraient été excellentes avec quelques kg de moins. En effet, lorsqu’un agneau est fini au toucher, il est nécessaire de le commercialiser sans tarder. Attendre quinze jours, c’est entre 1,7 et 2,3 kg de carcasse supplémentaire, mais aussi 20 kg d’aliment en plus si les agneaux en disposent à volonté. Avec de la chance, l’agneau ne change pas de classe d’état d’engraissement et le gain est de l’ordre de 6 € par agneau. Mais la solution la plus probable, en particulier pour les femelles, c’est un état d’engraissement excessif. Si la carcasse est classée en 4 selon la grille EUROP actuellement en place, le manque à gagner est de plus de 20 € par agneau.

Des solutions pour éviter le gras

Si la proportion de carcasses grasses (classes 4 et 5) dépasse 5 %, il est nécessaire de mettre en place une solution pour la diminuer. Diminuer le poids de carcasse des femelles, en particulier en commercialisant les agneaux moins lourds, reste la solution la plus radicale. Le tri régulier des agneaux (tous les quinze jours maximum), sans retarder la commercialisation de ceux qui sont finis, est également indispensable. Le rationnement du concentré en finition entraîne une réduction des vitesses de croissance, et par conséquent la formation de gras. Cette technique, qui demande toutefois de la place à l’auge, permet alors de détecter plus facilement le moment où l’agneau présente un état d’engraissement optimum, à condition de les trier tous les quinze jours.

 Photos semaine 2-2018 : les carcasses trop grasses ne trouvent pas preneurs et sont bradées au prix de l’import

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/CIIRPO

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En siège, un agneau peut boire « la tasse »

La présentation arrière est toujours une position à risque. Si les deux pattes sont dépliées (onglons à l’envers, queue derrière), l’agneau est engagé doucement par l’opérateur jusqu’à l’apparition des jarrets.  Puis il est extrait rapidement, toujours direction mamelle, entre les cuisses de la brebis. Mais parfois, on ne trouve que la queue et les pattes sont repliées à l’intérieur. Ce cas est plus délicat, car il faut repousser l’agneau le plus loin possible avant de prendre un pied, et de déplier le « Z » doucement, en protégeant les onglons. La même opération est réalisée avec la seconde patte.  Attention, la position « crawl » (avec une seule patte) n’est pas du tout adaptée à une position en siège.

Repousser l’agneau avant de dérouler les pattes

Lorsque les jarrets deviennent visibles, la même opération que précédemment est préconisée : l’agneau est tiré rapidement, toujours en arc de cercle, direction mamelle. Dans cette position, le cordon est écrasé contre le bassin et l’agneau peut alors respirer des eaux fœtales ! En conséquence, il est suspendu par les pattes arrière pour bien le faire « dégorger » dès sa naissance. Il ne faut pas hésiter à le mettre sous antibiotique s’il a tendance à recracher ou à  tousser le premier jour. Tout agneau né par siège présente un petit risque ultérieur de pneumonie : donc, autant lui mettre un repère (tip tag, laisser la queue longue …) qui évitera plus tard qu’il ne soit gardé comme agnelle, voire bélier.

Schéma semaine 51-ovins181217 : Astuce : pattes avant ou pattes arrière ?

Les pattes avant forment un U et les pattes arrière un Z, ce qui est facilement identifiable à l’intérieur de la brebis

Réseau de références ovin de Bourgogne, Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO) et Hubert Germain (vétérinaire formateur)

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Ce qui favorise la coccidiose

 Les coccidioses sont liées photo semaine 47au développement de plusieurs espèces de coccidies dans l’intestin des jeunes agneaux. Douze espèces sont connues chez les ovins dont seulement trois sont pathogènes. Les agneaux peuvent commencer à présenter des symptômes (diarrhée nauséabonde noirâtre, laine piquée) vers l’âge d’un mois. Cependant, la coccidiose est le plus souvent sans symptôme particulier, avec toutefois des retards de croissance importants.  Tout stress peut être un facteur déclenchant (sevrage, vaccination, transport, changement de régime alimentaire…). Mais la gravité de cette maladie est aussi liée aux conditions de milieu. L’hygiène de la bergerie, sa ventilation et la densité animale restent des critères qui ont toute leur importance. Ainsi, il faut compter 700 g à 1 kg de paille par brebis en paillage quotidien pendant le premier mois de lactation.

Les matières actives utilisées

Toute fuite d’eau (abreuvoir par exemple) est un facteur de risque supplémentaire. Enfin, il est conseillé d’offrir 1,5 m² d’aire paillée pour une brebis allaitant un seul agneau et 2 m² pour une brebis avec deux agneaux.

Laurent Saboureau, vétérinaire à l’Alliance Pastorale indique que « les trois matières actives les plus utilisées en préventif et en curatif pour lutter contre ce parasite sont la sulfadiméthoxine ou sulfadimérazine (pendant 3 à 5 jours), le diclazuril et le toltrazuril. Elles sont réalisées en administration orale. Le decoquinate peut également être utilisé en supplémentation médicamenteuse dans l’aliment. » Contactez votre vétérinaire pour en savoir plus.

Photo semaine 47-17 : la densité animale et l’hygiène de la bergerie sont des facteurs favorisants la coccidiose

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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Rationner les agneaux : pourquoi et comment ?

photo semaine 46Le rationnement du concentré pour des agneaux sevrés entraîne une réduction des vitesses de croissance et par conséquent de la formation du gras. Cette technique permet alors de détecter plus facilement le moment où l’agneau présente un état d’engraissement optimum à condition qu’il soit trié toutes les semaines ou tous les quinze jours. Par contre, elle ne permet pas d’alourdir les carcasses. Le rationnement reste également la solution la plus efficace lorsque les gras sont colorés et mous, réduisant de 15 à 20 % la proportion de carcasses à problèmes. En consommant moins de concentré par jour, l’agneau ingère moins d’énergie et cherche à compenser en consommant davantage de fourrage. Cela favoriserait un fonctionnement normal du rumen, ce qui a un effet positif sur la couleur du gras.

De 800 g à 1 kg pour les mâles

Dès le sevrage ou bien 5 kg environ avant le poids vif d’abattage, le niveau de rationnement des agneaux varie entre 800 g et 1 kg pour les mâles et 600 à 800 g par jour pour les femelles. L’allongement de la durée de finition est de l’ordre de 2 à 3 semaines par rapport à une alimentation à volonté pour un même poids de carcasse, conséquence d’une réduction des vitesses de croissance. La consommation totale de concentré est la même que le concentré soit rationné ou à volonté. En revanche, les quantités de fourrage sont multipliées par 2 ou 3.

Photo semaine 46-17 : la consommation de concentré reste la même qu’il soit rationné ou à volonté

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO

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Des solutions pour de ne pas vendre d’agneaux gras

Si la proportion de carcasses classées grasses (classe 4) dépasse 5 %, plusieurs solutions sont possibles afin de diminuer ce pourcentage. Trier régulièrement les agneaux (tous les quinze jours maximum) et commerciphoto semaine 45aliser ceux qui sont finis reste la solution la plus efficace à court terme. En effet, la probabilité qu’un agneau fini puisse s’alourdir sans engraisser est faible et se traduit dans la plupart des cas par une perte économique. Si la carcasse de l’agneau passe de la classe 3 à la classe 4, la perte pour l’éleveur est de l’ordre de 20 €. Rationner le concentré en finition est une autre solution. Cette technique entraîne une réduction des vitesses de croissance et par conséquent de la formation de gras.

Des mères avec du lait !

Le poids de naissance et la croissance au démarrage conditionnent le format des agneaux et donc leur état d’engraissement. Les agneaux à croissance lente au démarrage ont un métabolisme osseux ralenti. Leur potentiel de développement est perturbé et ils doivent être abattus moins lourds sous peine d’être trop gras. Il est donc indispensable que les besoins des brebis soient couverts en fin de gestation et pendant les 6 premières semaines de lactation. Miser sur la génétique est un autre levier possible, c’est-à-dire sélectionner les brebis sur leurs capacités laitières et utiliser des pères (béliers ou Insémination Animale) sélectionnés sur leurs aptitudes à transmettre à leurs descendants ce critère de qualité de carcasse.

A suivre dans l’article de la semaine prochaine : comment rationner les agneaux et pour quels résultats ?
Photo semaine 45-17 : ne pas chercher à alourdir des agneaux déjà finis
Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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photo semaine 44La génétique pour améliorer le revenu

De nombreux critères liés à la production de la brebis mais aussi à la performance et à la qualité des agneaux se transmettent par la génétique. C’est le cas par exemple du taux de prolificité de la brebis et de sa valeur laitière mais aussi de tous les critères qui jouent sur le prix de l’agneau : son état d’engraissement, sa conformation, les quantités de concentré qu’il va consommer….

Une étude réalisée sur 52 élevages par la CAVEB, une organisation de producteurs des Deux Sèvres, a mis en évidence l’intérêt d’utiliser le meilleur de la génétique, en achetant des béliers qualifiés (inscrits) en organismes de sélection  ou bien en utilisant l’insémination animale (IA). Les performances techniques et économiques de trois profils d’exploitation ont été comparées : celles qui ont recours à l’IA et à l’achat de béliers qualifiés, celles qui utilisent uniquement des béliers qualifiés pour améliorer leur troupeau et enfin, celles qui n’utilisent aucune de ces possibilités.

0,5 agneau produit en plus par brebis et par an

Les écarts sur le nombre d’agneaux produits par brebis sur une année sont importants avec un taux de productivité numérique de 142 % pour les élevages les plus utilisateurs de génétique et de 92 % pour ceux qui n’investissent pas dans ce domaine. De même, plus de 10 kg de carcasse d’agneaux vendus par brebis séparent ces deux modes d’approvisonnement des béliers. Au final, la productivité économique (productivité numérique X prix de vente d’un agneau) s’établit à 172 € par brebis lorsque les éleveurs ont recours à la fois aux béliers qualifiés et à l’IA contre 110 € pour ceux dont le troupeau ne bénéficie d’aucune des deux. Le résultat est intermédiaire pour les éleveurs qui utilisent soit l’IA soit des béliers qualifiés avec 166 € par brebis. De nouvelles études devraient être réalisées en 2018.

Photo semaine 44-17 : utiliser le meilleur de la génétique de chaque race pour produire davantage d’agneau

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

Victor Faucher (InsemOvin)

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Du maïs grain humide pour les brebis et les agneaux

photo semaine 43Le principe de conservation du maïs grain conservé en boudin est identique à celui d’un ensilage. Il repose sur un développement des bactéries lactiques et une conservation du maïs grain humide en l’absence d’oxygène. Lorsque les bactéries ont consommé l’oxygène enfermé lors de la mise en silo, les fermentations s’interrompent. La masse de maïs est ainsi stabilisée en l’absence d’entrée d’air dans le silo. Le pH se stabilise entre 4 et 4,5. Cette présentation du maïs nécessite les mêmes précautions que tous les modes de conservation sous forme humide. Il faut veiller à ce que le silo soit placé sur une aire propre, stabilisée et si possible bétonnée pour faciliter le dessilage journalier. Le silo doit être protégé des rongeurs et éventuellement des oiseaux particulièrement friands de ce produit. Quand le silo est ouvert, avancer de 10 cm minimum en hiver et 20 cm en été est indispensable pour éviter que le front d’attaque ne chauffe. Cela signifie qu’il faut avoir suffisamment d’animaux qui consomment en même temps. Les parties altérées, s’il y en a,  ne doivent en aucun cas être distribuées aux animaux.

La même valeur alimentaire qu’en sec

Un maïs grain humide correctement stocké ne s’altère pas. Ses valeurs énergétiques et azotées ne sont pas modifiées par rapport à un maïs grain sec. Pour calculer une ration, il suffit de se reporter au tableau d’équivalence ci-contre.

Tableau. Equivalence pondérale entre le maïs grain humide et le maïs sec

Humidité 26 % 28 % 30 % 32 % 34 % 36 %
Quantité de maïs grain humide pour un kg de maïs grain sec (kg) 1,15 1,18 1,21 1,25 1,29 1,33

¹Source : Arvalis-Institut du végétal,

A condition qu’il soit distribué quotidiennement et de respecter les conditions d’une bonne conservation indiquées ci-dessus, le maïs grain humide conservé en boudin peut faire partie de la ration de brebis à tous les stades physiologiques, d’agnelles et d’agneaux. Toutefois, le fait que le maïs soit broyé finement augmente les risques d’acidoses. Avec la finesse de broyage, la salivation peut diminuer, la dégradabilité dans le rumen est accélérée et l’acidité du rumen augmente. Cela peut être source de problème sanitaire, en particulier pour des agneaux alimentés à volonté.

Photo semaine 43-17 : pour calculer la ration, il suffit de majorer les quantités de maïs par rapport à une conservation en sec

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Les sources d’azote possibles pour équilibrer la ration des agneaux en bergerie

photo semaine 42Il est nécessaire d’associer une source d’azote à la céréale afin d’équilibrer la ration des agneaux alimentés au mélange fermier. Le choix est large avec des performances et contraintes de travail différentes. Les complémentaires azotés sont des intermédiaires entre un aliment complet et un mélange composé exclusivement de matières premières. Ils sont pourvus en azote et en complément minéral. Les protéagineux et légumineuses en graines, pois, lupin, féverole ou vesce, peuvent constituer seul la part azotée de la ration des agneaux. Toutefois, le remplacement du complémentaire azoté par ces graines se traduit par une baisse des croissances des agneaux de l’ordre de 19 %. Une augmentation de 11 jours en moyenne de la durée de finition des agneaux en découle. Par ailleurs, les quantités totales de concentré et de fourrage ne sont pas modifiées.

Du foin de légumineuse avec une céréale

Sous réserve de disposer d’un fourrage riche en feuilles, le foin et l’enrubannage de légumineuses pures peuvent apporter la part d’azote nécessaire aux agneaux en finition.  La durée de finition est toutefois allongée de deux semaines en moyenne. Une autre alternative consiste à diminuer la part de la source d’azote avec du foin de légumineuse. Par exemple, un complémentaire azoté incorporé à 30% avec du foin de graminées ou de la paille ne le sera plus qu’à 15%. Ces régimes constitués en partie de légumineuses n’entraînent pas de dégradation des qualités de carcasse, y compris de la couleur des gras. Enfin, les tourteaux d’oléagineux (soja ou colza) peuvent constituer la seule source protéique de la ration avec des niveaux de performances et indices de consommation équivalents aux autres sources azotées. Le tourteau de tournesol ne peut pas être utilisé seul car il est pauvre en énergie.

Photo semaine 42-17 : compter 3 à 5 € de moins par agneau au mélange fermier hors cout de stockage et de main d’oeuvre

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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Les rations possibles pour les agneaux de bergerie

Plusieurs types de rations sont possibles pour les agneaux finis en bergerie. Il est cependant nécessaire de respecter quelques règles. Un aliment « idéal » pour finir des agneaux dose entre 0,85 et 1,1 UFV et entre 100 et 120 g de PDI par kg brut. En dessous de ce niveau azoté, la durée de finition est allongée à l’exception de certaines catégories d’agneaux qui se satisfont de niveaux inférieurs (agneaux de type « gris » par exemple). Au dessus, aucune amélioration des performances n’est à attendre. D’autre part, il faut savoir que les agneaux régulent d’eux mêmes leur consommation en concentré en fonction de sa valeur énergétique. Plus l’aliment est énergétique, moins ils en ingèrent quotidiennement.

Aliment complet ou fermier ?

Les aliments complets présentent l’intérêt d’être parfaitement équilibrés, y compris en minéraux et vitamines. Ils sont également moins acidogènes que des aliments fermiers. Hors coût de stockage, ils restent cependant plus onéreux que les mélanges fermiers, en particulier lorsque les matières premières sont produites sur l’exploitation. Toutes les céréales peuvent constituer la ration de base des agneaux. La plupart d’entre elles (triticale, orge, seigle) peut être utilisé seule, complémentée d’une source azotée, minérale et vitaminique. Leur mélange présente peu d’intérêt technique, les indices de consommation et qualités de carcasse étant peu influencés. L’incorporation d’avoine à hauteur de 25 % est une exception car elle se traduit par une amélioration  de la qualité des carcasses mais aussi par une augmentation de l’indice de consommation. Contrairement aux idées reçues, le maïs grain distribué entier n’entraîne pas l’apparition de gras jaunes. Quant au blé, il est plus acidogène que les autres céréales et son incorporation à hauteur de 40 % maximum de la ration totale limite les risques.

La semaine prochaine, nous vous proposons dans cette rubrique le panel des sources d’azote possibles pour équilibrer la ration en céréales.

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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Le datura, une plante toxique

Le Datura est uphoto semaine 40ne plante vénéneuse dont le seuil de toxicité est évaluée à 300 g de matière verte pour une vache (et donc de faibles quantités pour une brebis). Et cette plante est particulièrement présente cet automne, dans le Centre Ouest par exemple. Elle conserve sa toxicité quand elle a été fauchée (présence d’alcaloïdes) et il ne faut surtout pas distribuer les fourrages susceptibles d’en contenir aux animaux. On estime en effet qu’au delà de 1,2 % dans l’ensilage et 0,5 % dans le foin, les risques sanitaires sont importants (abattement, anorexie, troubles nerveux…) entrainant de forts taux de mortalité. Il est également fortement déconseillé de faire pâturer les brebis dans les zones ou le Datura est présent. Enfin, cette plante est dangereuse pour l’homme et le port de gant est obligatoire. En cas de doute pour l’identifier, n’hésitez pas à contacter un technicien spécialisé.

Photo semaine 40-17 : le Datura est une plante très toxique qu’il ne faut ni récolter ni faire pâture

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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Une astuce pour empêcher les agneaux de passer dans le couloir

Avec cette astuce sphoto semaine 39imple à mettre en place, les agneaux qui se promènent dans le couloir d’alimentation bordé de cornadis, c’est fini ! L’aménagement est esthétique, silencieux et particulièrement efficace. Il est de plus peu couteux : 1,5 € par place de cornadis sans compter la main œuvre. L’aménagement est constitué de tuyaux de bâche d’enrubannage, de fer tor à béton et d’isolateurs de clôture électrique. Les brebis soulèvent le tube pour aller manger. Ce dernier descend lorsque la brebis n’est plus à l’auge et limite le champ de vision des agneaux sur le couloir. Ils ne sont ainsi plus incités à passer par le cornadis pour coloniser les auges.

Des dimensions précises à respecter

Cette astuce a été mise au point par le GAEC du Petit Poirat à Pindray dans la Vienne. Elle a reçu le premier prix du concours du Berger Futé organisé dans le cadre du Tech Ovin 2017. Jean Marie Deletre, l’inventeur aujourd’hui retraité, a trouvé les dimensions idéales de longueurs et de pose des morceaux de tuyaux adaptées à ses brebis après plusieurs essais. Romain Dauchier, l’un de ses deux successeurs, témoigne de l’efficacité du dispositif : « même en fin de lactation, les agneaux ne passent pas sans avoir curé le parc ». Pour en savoir plus, les plans sont disponibles sur www.techovin.fr.

Photo semaine 39-17 : ce système inventé par un éleveur a été primé au concours du Berger Futé du Techovin 2017

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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Trois jours de rendez-vous professionnels au Pôle Ovin du Sommet de l’Elevage !

 Au cœur du Massif central, le Sommet de l’Elevage est une vitrine exceptionnelle du savoir-faire français en production et génétique. Avec plus de 400 animaux exposés pendant 3 jours, la production ovine sera à l’honneur pour la 26éme édition de ce salon.

Les trois concours races à viande (Mouton charollais, Ile de France, Texel), le challenge des races rustiques et la vente aux enchères de béliers Hampshire promettent d’être de haut niveau ! De plus, les nombreux flashs techniques (choix d’un bélier, amélioration des conditions de travail, la vigueur des agneaux à la naissance, etc.) animeront le ring ovin.

En parallèle, des démonstrations de tonte et de chiens au travail sur troupeaux sont proposées par l’IDELE, l’Association de chiens de troupeaux du Puy-de-Dôme et l’Association des tondeurs de Moutons.

Des conférences seront assurées par les spécialistes de la production ovine traitant notamment de la résilience des exploitations ovines et de l’attractivité du métier d’éleveur.

Les exposants, éleveurs et professionnels de la filière ovine vous attendent nombreux sur le stand Inn’ovin dans le hall 5.

Réseau de références ovin de Bourgogne et Marie MIQUEL (Chambre régionale d’Agriculture Auvergne Rhone Alpes)

Illustration : Affiche Sommet de l’Elevage

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La troisième coupe de luzerne est pâturée par les brebis
photo semaine 36
Pour les régions qui ont reçu suffisamment de pluie cet été, les troisèmes coupes de luzerne peuvent être pâturées. La valeur alimentaire de la luzerne est très correcte aux troisième et quatrième cycles et évolue assez peu après 6 semaines de repousse (0,85 UF, 140 g de PDIn et 90 g de PDIE par kg de matière sèche). L’apport de concentré n’est pas nécessaire y compris pour des brebis à forts besoins. Afin de diminuer les risques de météorisation liés aux légumineuses, il est fortement conseillé de respecter au moins 6 semaines de repousse. D’autre part, une transition alimentaire de quelques jours est fortement préconisée en rentrant les brebis sur la parcelle « le ventre plein » et en allongeant progressivement la durée de pâturage. Enfin, il est préférable d’arrêter le pâturage à l’apparition des gelées ou bien d’apporter du foin ou de la paille pour cause de risque de météorisation.

Attention aux luzernes malades

L’utilisation de la luzerne nécessite également de vérifier que cette dernière n’est pas malade. Toute maladie fongique ou parasitaire entraîne en effet une production d’oestrogènes de la plante. Cela reste peu courant mais peut avoir des conséquences très graves  sur la fertilité des animaux en période de flushing ou en lutte. En fin de gestation, des avortements  sont à craindre. En l’absence de connaissances, il est par conséquent préférable de ne pas inclure ces légumineuses sous quelque forme que ce soit dans la ration des brebis au cours de ces périodes.

Photo semaine 36-17 : attendre 6 semaines de repousse afin de limiter les risques de météorisationRéseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot (Institut de l’Elevage/CIIRPO)

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Comment éviter les mammites de tarissement 

photo semaine 29Il n’y a pas de règle applicable à tous les troupeaux pour éviter les mammites de tarissement. Ce sont les caractéristiques du lot (production laitière, âge, état corporel) et l’historique (fréquence des mammites) qui permettent de mettre en oeuvre des pratiques adaptées. Le tarissement est d´autant plus sévère que les brebis ont un potentiel élevé, en particulier pour des sevrages à 70-80 jours. Par contre, si les brebis montrent un état corporel insuffisant (des agnelles par exemple),  une restriction alimentaire trop importante pourrait être fatale pour certaines.

Ne pas couper l’eau

Pour des femelles fortes productrices conduites en bergerie en lactation, le sevrage se prépare un mois avant ! La ration en concentré est diminuée puis l´apport d´azote est supprimé. Puis, dans les 5 à 8 jours précédant le tarissement, les brebis consomment uniquement du fourrage. Au sevrage, elles passent à la paille à volonté ! Pour les brebis en lactation à l’herbe, le risque est moindre car les sevrages sont en général plus tardifs (plus de 100 jours). Dans tous les cas, les brebis ont accès à l’eau au cours de la période de tarissement. Enfin, remettre les agneaux sous la mère quelques jours après le tarissement sous prétexte de vider les mamelles est inutile car la tétée des agneaux provoque une remontée du lait automatique.

 Photo semaine 29-17 : une adaptation du tarissement est nécessaire en fonction des lots

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

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Préparer le  haras de béliers pour les luttes de fin d’été et de début d’automne

photo semaine 26Pour être en pleine possession de leurs moyens, les béliers doivent présenter un bon état corporel à la mise en lutte sans pour cela être trop gras. Une note d’état corporel  de 3 sur une échelle de 0 à 5 (de très maigre à très gras) est alors recommandée. Une alimentation équilibrée tout au long de l’année, y compris en vitamines et minéraux, est indispensable. Un flushing (+15 % d’énergie dans la ration) deux mois avant la mise à la reproduction est fortement conseillé. D’autre part, un parage et éventuellement un passage au pédiluve limite les boiteries.

Les jeunes béliers avec des brebis expérimentées

Pour les luttes de fin d’été et d’automne,  les ratios recommandés pour une durée de 35 jours de lutte sont les suivants : 1 bélier pour 40 à 50 brebis et 1 bélier pour 20 à 25 agnelles. De plus, excepté pour les sélectionneurs (contrôle de paternité), disposer au moins 2 béliers par lot de brebis est une sage précaution, et ce quelle que soit la taille du lot. Les impacts d’un bélier infertile sont ainsi moindres.

Enfin, il est conseillé de mettre en lutte les béliers antenais, jeunes et inexpérimentés, avec des brebis adultes. Les béliers de 3 à 5 ans peuvent saillir indifféremment des femelles adultes ou des agnelles, mais toujours en séparant les deux catégories pendant la lutte. Les mâles reproducteurs de plus de 5 ans sont à réformer. Quant aux jeunes de moins de 18 mois (soit 25 % du haras de béliers pour assurer le renouvellement), ils ne sont pas mis en lutte car ils sont toujours en période de croissance.

Photo semaine 26-17 : les béliers sont préparés deux mois avant à la lutte

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

 

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Du colza à pâturer pour les agneaux

Finir des agneaux sevrés sur du colza fourrager, semé pur ou en mélange, est tout à fait possible. Contrairement aux idées reçues, les carcasses ne sont pas plus colorées qu’avec les autres modes d’alimentation à âge équivalent et ce quelque soit la durée de pâturage. Le colza est une plante parfaitement équilibrée au niveau alimentaire (0,9 UF et 90 g de PDI par kg de matière sèche) et ne nécessite aucun apport de concentré ni de fourrage sec. Les croissances sont de l’ordre de 200 à 250 g par jour. Enfin, aucun problème sanitaire particulier n’est à craindre, toutes les variétés de colza étant désormais 00 (sans acide érucique et sans glucosinolate).

20 à 30 agneaux par ha maximum

Deux mois après la levée, le colza peut commencer à être pâturé. La transition alimentaire est inutile : les agneaux consomment progressivement le colza d’eux-mêmes. Selon les quantités d’herbe disponibles (qui varie du simple au quadruple selon la pluviométrie), on peut espérer finir au mieux entre 20 et 30 agneaux par hectare. Si la surface n’est pas suffisante pour tous les agneaux, mieux vaut y mettre les plus gros. Les plus petits rentrent en bergerie ou bien sur prairies avec du concentré si l’objectif est de les finir le plus rapidement possible. Inutile de faire pâturer le colza au fil ou au filet. Toutefois, si la surface est vraiment grande, il peut être judicieux de la séparer en sous parcelles d’un ou deux hectares afin de faciliter la surveillance des animaux.

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

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Pédiluve : la règle des 3 quinze

photo semaine 23
Pour traiter les boiteries avant qu’elles ne s’enveniment, le pédiluve est une solution à la fois pour les brebis et pour les agneaux. Deux produits peuvent être ajoutés à l’eau. Le sulfate de zinc reste le meilleur compromis avec un coût de 45 à 50 € HT le sac de 25 kg. On retiendra alors la règle des trois quinze : 15 cm d’eau, 15 minutes de trempage, 15 % de sulfate de zinc. Le sulfate de cuivre peut également être utilisé à raison de 5 à 10 % avec un coût de 80 à 90 € HT les 25 kg. Il a pour inconvénient d’être toxique en cas d’ingestion et oxydant. Le mélange de ces deux produits n’apporte pas grand chose de plus qu’une utilisation en pure.

Quel que soit le produit et le type de pédiluve utilisé, son entretien (vidange et nettoyage) est la meilleure garantie de son efficacité. Si le pédiluve n’est pas propre, le remède est pire que le mal : des brebis saines peuvent ressortir contaminées du pédiluve, devenu au fil des passages, un véritable bouillon de culture. Enfin, les premiers passages des agneaux sont souvent difficiles. Ne pas séparer les agneaux de leurs mères facilite toutefois un peu la tâche. Il est également possible d’ajouter de la paille dans le pédiluve.

 Photo semaine 23-17 : les pédiluves dans lesquels les brebis stationnement sont les plus efficaces

 Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

 

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Des brebis sur une exploitation de grandes cultures : un atout pour le revenu

photo semaine 22Dans un contexte de cours de céréales particulièrement variable, la production ovine peut donner un équilibre économique et agronomique aux exploitations de grandes cultures. Les brebis valorisent parfaitement bien toutes les surfaces à contraintes environnementales : CIPAN (Cultures Intermédiaires Piège A Nitrates), surfaces à intérêt agronomique. D’autre part, les ovins utilisent les produits de l’exploitation (paille, céréales) ainsi qu’un large panel de coproduits.  D’autre part, les aspects agronomiques sont un atout majeur de cette mixité ovins-céréales. Grâce à l’introduction des prairies dans la rotation, et en particulier de luzerne, les quantités de produits phytosanitaires peuvent être diminuées (Ecophyto®).

Une mixité gagnante

Des économies de phosphore et de potasse sont réalisées grâce au fumier et les déjections liées au pâturage couvrent une partie des besoins du sol. Les ovins contribuent ainsi au maintien ou à l’augmentation de la matière organique et ainsi du stockage du carbone.

En France, une brebis sur cinq se situe en zone de grandes cultures ou de polyculture élevage. Les données du dispositif INOSYS – Réseaux d’élevage montrent que les performances techniques et économiques des élevages ovins en zones de grandes cultures et de polycultures élevage sont comparables à celles des exploitations spécialisées des zones les plus intensives.  Enfin, en planifiant la conduite du troupeau, le travail d’élevage s’intercale très bien avec celui des travaux des champs. Pour en savoir plus, une vidéo « élever et vivre des brebis sur une exploitation céréalière » et une fiche technique «  Des brebis sur votre exploitation de grandes cultures : un atout pour votre revenu » sont disponibles sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

 Photo semaine 22-17 : l’élevage ovin participe, entre autre, à l’équilibre des solsCP : Laurent Solas (Chambre d’agriculture 71)

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO

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Les graines de soja crues ne remplacent pas le tourteau

photo semaine 21De part leur valeur alimentaire, les graines de soja crues ne sont pas une source d’azote succeptible de remplacer un tourteau. En effet, ces graines sont relativement pauvres en azote avec 215 g de PDIN par kg brut et seulement 76 g de PDIE, soit une valeur équivalente à celle d’une céréale. Une graine de soja est par contre riche en énergie avec 1,08 UFL par kg de matière brute. Seule une transformation thermique des graines (graine toastée ou extrudée) améliore la digestibilité des protéines. Par rapport aux graines crues, les valeurs PDIN et PDIE sont alors majorées de respectivement 20 et 160 %.

 Pas plus de 400 g par jour

D’autre part, la graine de soja est particulièrement riche en matière grasse : 18 % contre 4 % pour les céréales. Son incorporation doit donc être limitée afin que le taux de matière grasse total de la ration ne dépasse pas les 5 % recommandés. Au delà, une sous consommation de fourrages et des problèmes digestifs sont à craindre. Jean Legarto de l’Institut de l’Elevage précise « que la limite supérieure d’utilisation de la graine de soja se situe  à 400 g brut par brebis et par jour mais que la recommandation optimale est aux alentours de 300 g par jour ». La graine de soja crue peut être distribuée entière. Son intérêt économique, même si elles sont produites sur l’exploitation, reste à calculer.

Photo semaine 21-17 : les graines de soja crues remplacent une partie des céréales de la ration
Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

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Le Berger futé : un concours pour les éleveurs

chronique ovineSi vous êtes éleveur ovin et avez mis au point une astuce qui vous simplifie le travail, n’hésitez pas à vous incrire au concours du Berger Futé organisé par l’APOSNO, l’association organisatrice du Salon National TECHOVIN. Ce concours est doté de 2 000 € de prix qui seront partagés entre les trois lauréats, dont 1000 € pour le premier.  Il a pour objectif de récompenser et de promouvoir les astuces mises en place par les éleveurs ovins sur leurs exploitations. Tous les outils imaginés et mis au point à un niveau individuel comme collectif dans le but d’améliorer l’efficacité du travail et les performances de l’élevage, et/ou de réduire la pénibilité des tâches peuvent concourir. Ces astuces peuvent concerner les aspects matériels ou les aspects organisation du travail ou encore conduite du troupeau.

Tous les participants se verront offrir 2 entrées pour le Salon Tech-Ovin qui aura lieu les 6 et 7 Septembre 2017 à Bellac. Ces prix seront remis aux vainqueurs sur le Salon Tech-Ovin 2017.

Pour concourir, un dossier est à compléter et à retourner avant le 19 Juillet 2017. Vous pouvez le télécharger sur le site de Techovin  www.techovin.fr/presentation-du-salon/le-salon-2017/.

Visuel semaine 20-17 : 1000 € à gagner pour le lauréat

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/CIIRPO

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L’enrubannage coûte 40 % de plus que le foin

photo semaine 19L’enrubannage coute 40 % plus cher que le foin ramené à la tonne de matière sèche : 92 € contre 65 € (source : Herbe et fourrages en Limousin 2015). Sa valeur alimentaire reste exclusivement liée à celle du fourrage fauché et donc au stade de la plante. L’identification des bottes par le nom de la parcelle facilite la répartition en fonction du type d’animaux au cours de l’hiver. Les marques sur les bottes à l’aide de bombes de peinture de (rouge, bleu, vert) pour animaux résistent aux intempéries toute une campagne. Les brebis à forts besoins, c’est-à-dire celles en début de lactation sont prioritaires sur les meilleurs fourrages, c’est-à-dire ceux récoltés les plus tôt.

Pas de terre et suffisamment sec

De plus, l’enrubannage doit être d’excellente qualité afin d’éviter les problèmes sanitaires. Le principal facteur de réussite reste le taux de matière sèche à la récolte, avec un optimum compris entre 50 et 60 %. En effet, la fauche est en général réalisée début épiaison pour les graminées et bourgeonnement pour les légumineuses et le fourrage est récolté en brins longs. Il est ainsi moins riche en sucres et plus difficile à tasser. Le développement des bactéries butyriques est favorisé,  entrainant de mauvaises qualités de conservation. En dessous de 40 % de matière sèche, le risque est plus élevé. De plus, la présence de terre (attention aux taupinières !) accentue les risques de listériose. Au-delà de 70 % de matière sèche, les bottes sont insuffisamment tassées et des moisissures apparaissent.

 Photo semaine 19-17 : plus le fourrage est récolté tôt, meilleure est sa valeur alimentaire

 Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

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Les brebis maigres en lactation sous surveillance

 Les brebis qui ne sont pas en bon état à l’agnelage produisent systématiquement moins de lait. Selon photo semaine 18une étude réalisée par le CIIRPO avec des brebis de race Mouton Vendéen,  l’écart de vitesse de croissance au cours du premier mois de lactation entre des brebis en bon état corporel (note d’état corporel supérieure ou égale à 3*) et des brebis plus maigres (note d’état corporel inférieure à 3*) s’établit à 30 g par jour pour les agneaux allaités simples et 17 g par jour pour les agneaux allaités doubles, et ce pour des poids de portées équivalents à la naissance.

Des agneaux complémentés

Si c’est le cas et que les lactations sont assurées à l’herbe, il est inutile d’ajouter du concentré aux brebis en lactation. L’herbe de printemps a une valeur alimentaire très élevée et la complémentation n’apporte rien de plus. Par contre, complémenter les agneaux à partir de 3 semaines ou un mois d’âge permet d’anticiper sur un sevrage précoce. En effet, rien ne sert de prolonger la lactation après 70 jours si les brebis sont maigres. Cela peut être le cas en particulier des antenaises (millésime 2015) et des vieilles brebis (millésimes 2009 et 2010). Les brebis maigres sont alors taries et les agneaux sont finis en bergerie. L’apport de concentré à l’herbe facilite ainsi la transition alimentaire, même si elle ne règle pas toujours les problèmes d’acidose.

*pour en savoir plus, consulter la vidéo « évaluer l’état corporel des brebis » sur www.idele.fr et www.inn-ovin.fr.

Photo semaine 18-17 : si les brebis sont maigres, les tarir après 70 jours de lactation

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Des stocks insuffisants en céréales : les options possibles

BREVE OVINEPlusieurs solutions sont possibles si vos stocks de céréales ne sont pas suffisants pour faire la soudure avec la prochaine récolte. Les principales consistent à acheter des céréales ou bien des aliments complets.

Pour les brebis, acheter des céréales (orge, triticale, blé ou maïs) se traduit par une économie d’environ 2 € par brebis par rapport à l’achat d’un aliment complet (pour une ration à base de foin de graminées au cours des 4 dernières semaines de gestation et les 10 semaines de lactation).

Faire le calcul avant de commander

Pour les agneaux finis en bergerie, l’écart est de l’ordre de 4 à 5 € par agneau sur toute la durée de finition entre l’achat d’un aliment complet et celui de céréales. En conséquence, si vous avez l’habitude d’utiliser vos céréales dans la ration de vos animaux, il est dans la plupart des cas plus économique d’acheter une céréale à la coopérative avec un complément azoté que de l’aliment complet. Muni des valeurs alimentaires des aliments et de leur coût, il suffit de faire le calcul pour le vérifier. Cependant, si vous avez l’habitude de finir vos agneaux à l’aliment complet, l’année est mal choisie pour essayer le mélange fermier compte tenu de la variabilité de la valeur des céréales.

Photo semaine 15-17 : acheter des céréales à la coopérative et ne pas changer ses rations

Réseau de références ovin de Bourgogne et Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO)

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Le chlorure d’ammonium pour limiter les risques de gravelle

photo semaine 14Les rations riches en phosphore (céréales, protéagineux…) favorisent la formation de minuscules cristaux dans l’urine. Ces cristaux sont transportés par le flot urinaire et peuvent bloquer l’urètre.  Cette maladie est appelée lithiase urinaire ou gravelle. L’ajout de chlorure d’ammonium à raison de 0,5% dans la ration est une solution pour la prévenir. Depuis 2013, le chlorure d’ammonium est de nouveau considéré comme un additif pour l’alimentation des ruminants. Car entre 2009 et 2013, la délivrance d’une ordonnance vétérinaire était devenue obligatoire pour utiliser ce composé sous la forme de pré mélange médicamenteux. Désormais, il suffit de vérifier qu’il figure bien sur la liste des additifs de l’aliment « agneaux » pour les préserver des lithiases urinaires. Le chlorure d’ammonium est en effet un acidifiant puissant qui permet d’abaisser le pH des urines. La formation des calculs est ainsi fortement réduite. Philippe Dubois, vétérinaire au GDS de la Charente indique toutefois que « la ration ne doit pas contenir de produits tampons (bicarbonate ou magnesie par exemple)  qui s’opposeraient à l’acidification recherchée ».

Laurence SAGOT (Institut de l’Elevage – CIIRPO) – 2017 Semaine 14

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